Centre des médias
Communiqué de presse
2011
Dix grands événements ayant marqué la forêt boréale du Canada
en 2011, Année internationale des forêts
Ottawa, le 29 décembre 2011 – Les grandes étendues de nature sauvage comme les forêts se font de plus en plus rares à l’échelle planétaire. Pour souligner la reconnaissance grandissante de l’importance économique, culturelle et écologique majeure des forêts pour notre planète à travers le monde, les Nations Unies ont désigné 2011 l’Année internationale des forêts.
S’étendant sur 1,2 milliard d’acres, la forêt boréale du Canada est le plus grand écosystème forestier intact sur la planète. Cet environnement unique est habité par des centaines de collectivités autochtones et abrite des populations vitales de grands mammifères, des milliards d’oiseaux migrateurs, les plus vastes étendues de milieux humides et d’eau de surface ainsi que certaines des plus importantes réserves terrestres de carbone.
L’Initiative boréale canadienne a compilé la liste suivante de dix grands événements qui ont touché la grande forêt boréale du Canada durant cette Année internationale des forêts.
1. Le Québec adopte annonce un projet de loi pour protéger la moitié de son territoire nordique. Conformément aux recommandations formulées par des chercheurs émérites, en 2011, le Québec a adopté le plus important et unique plan de conservation de l’histoire, lequel prévoit des mesures de conservation et de développement qui visent à créer un nouveau modèle mondial en matière de développement durable. Le projet de loi qui protégera au moins la moitié du territoire couvert par le Plan Nord, en collaboration avec les populations autochtones, suit actuellement son cours dans le processus législatif.
2. Les plans d’aménagement du territoire du nord de la Colombie-Britannique convenus par la Première nation Tlingit de Taku River et le gouvernement de la C.-B. créent un nouveau modèle d’aménagement du territoire et réforment l’exploitation et l’exploration des minerais. La Première nation Tlingit de Taku River, dans l’extrême nord-ouest de la Colombie-Britannique, et le gouvernement de la Colombie-Britannique ont conclu deux ententes très importantes en matière d’aménagement du territoire et de partage des processus décisionnels. Ces ententes offrent le potentiel d’éviter les conflits et les incertitudes ayant obstrué les relations entre le gouvernement et l’industrie minière avec les Premières nations de la C.-B. jettant ainsi les bases pour un ambitieux plan de protection des écosystèmes qui couvre plus de deux millions d’hectares. Ainsi, 26 p. cent des terres ancestrales de la Première nation Tlingit de Taku River jouiront d’une protection.
3. Protection boréale atteinte par la Première nation de la rivière Poplar.
Le gouvernement du Manitoba et la Première nation de la rivière Poplar ont tous deux approuvé un plan d’aménagement du territoire qui assure une protection juridique à près de deux millions d’acres, soit un territoire équivalant au parc national Yellowstone. Cette protection couvre l’ensemble du territoire traditionnel de la Première nation de la rivière Poplar et ce plan représente une étape cruciale vers la désignation du site du patrimoine mondial Pimachiowin Aki proposé au sein de la forêt boréale tout en protégeant contre le réchauffement planétaire.
4. Un rapport scientifique indique que la forêt boréale du Canada abrite les plus importantes ressources d’eau de la planète.
Un rapport international produit par Pew Environment Group indique que la forêt boréale du Canada abrite 25 p. cent des milieux humides de la planète, des millions de lacs d’eau pure ainsi que des milliers de rivières non endiguées – représentant une superficie totale de plus de 197 millions d’acres d’eau douce de surface. Ces ressources d’eau représentent certains des derniers refuges pour plusieurs poissons de mer migrateurs de la planète. De plus, les eaux de la forêt boréale jouent un rôle crucial dans la formation de glace de mer dans l’Arctique et stockent plus de 400 billions de livres de carbone dans les sédiments des lacs et rivières, les tourbières et les milieux humides. Il s’agit ainsi de la principale source terrestre de carbone au monde.
5. Le parc tribal sur le territoire traditionnel de la Première nation de la rivière Doig s’étend de la Colombie-Britannique à l’Alberta.
Les 249 membres de la bande de la rivière Doig créent un « parc tribal » de 90 000 hectares qui couvre l’ensemble de leur territoire traditionnel dans le nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l’Alberta. Bien que la région contienne d’abondantes ressources pétrolières et forestières, on l’utilise aussi pour la chasse, la pêche et le ressourcement spirituel. Le concept des parcs tribaux est innovateur au Canada; ailleurs sur la planète, on parle de plus en plus d’aires autochtones protégées. Ce modèle a été appliqué le plus récemment en Australie.
6. Le capital naturel a une valeur.
Un rapport produit par Sustainable Prosperity et commandité en partie par Environnement Canada indique que les écosystèmes naturels du Canada assurent des milliards de dollars en services gratuits chaque année, dont une partie considérable provient de la forêt boréale et des milieux humides du Canada. De plus, ce rapport indique que les gouvernements fédéral et provinciaux reconnaissent de plus en plus les valeurs économiques de la protection, mais précise qu’il y a lieu de multiplier les incitatifs économiques pour encourager la protection des écosystèmes.
7. La Monnaie royale canadienne produit une pièce de deux dollars pour souligner le riche patrimoine naturel de la forêt boréale.
À l’automne, la Monnaie royale canadienne a lancé une nouvelle pièce de deux dollars dans le cadre de son programme de promotion du patrimoine naturel du Canada. Cette pièce a été précédée d’une pièce de un dollar produite pour souligner le centenaire de Parcs Canada. En 2012 suivront trois pièces de vingt-cinq cents mettant en vedette l’orque, le bison des bois et le faucon pèlerin. L’aspect graphique très raffiné de la pièce de deux dollars illustre la diversité de la vie au sein de la forêt boréale et met l’accent sur le rôle de cette dernière dans l’atténuation des changements climatiques. La pièce consacrée à la forêt boréale vise à sensibiliser la population entière à l’importance de la forêt et à faire valoir la place qu’elle occupe dans l’identité nationale.
8. La tournée de la forêt boréale est mise en vedette au lancement de Google Earth Canada. Grâce aux outils de pointe fournis par Google Earth, quiconque ayant un ordinateur peut visiter le cœur même de la forêt boréale. En l’espace de seulement trois minutes, les visiteurs peuvent vivre une expérience interactive ininterrompue qui leur fera découvrir l’« auréole verte » de la Terre, la forêt boréale, d’un bout à l’autre du pays. La tournée de la forêt boréale Google Earth donne une vue d’ensemble de ce joyau mondial. Elle met en valeur les centaines de collectivités des Premières nations dont la subsistance dépend de la forêt boréale, expose l’étonnante étendue de ses milieux humides et offre une vue aérienne du delta des rivières de la Paix et Athabasca – un refuge crucial pour l’une des dernières populations sauvages de grues blanches sur la planète.
9. Le caribou est voué à disparaître si son habitat n’est pas protégé. Le Groupe d’experts scientifiques de la Campagne internationale de conservation de la forêt boréale produit un rapport qui confirme la disparition du caribou des bois de la moitié de son aire de répartition historique en Amérique du Nord, ce qui coïncide avec l’étalement urbain et l’intensification de l’exploitation des ressources de la forêt boréale du Canada. Des lettres ont été envoyées à des responsables gouvernementaux des quatre coins du Canada pour leur formuler des recommandations visant à assurer la pérennité de cette espèce emblématique.
10. L’IUCN annonce que la protection de régions comme la forêt boréale du Canada représente un des outils les plus efficaces pour atténuer les changements climatiques, la plus grave menace qui plane sur la Terre. Comme confirmé dans un rapport rendu public par l’IUCN l’automne dernier, les changements climatiques représentent la pire menace à la biodiversité et à la subsistance humaine. Parmi les solutions les plus efficaces pour atténuer cette menace, mentionnons les aires protégées, dont les parcs nationaux et les réserves naturelles de la planète. Non seulement ces aires s’attaquent à la principale cause des changements climatiques – l’émission de gaz à effet de serre –, mais aussi elles atténuent les impacts des changements climatiques sur la biodiversité et sur tout ce qui dépend d’écosystèmes naturels en santé. La forêt boréale stocke deux fois plus de carbone que des forêts méridionales comme l’Amazone dans ses sols, tourbes et arbres. Elle représente une arme clé dans la lutte canadienne contre la dégradation environnementale.
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Renseignements :
Suzanne Fraser, directrice des communications
613 552-7277 ou sfraser <at> borealcanada.ca
L’Initiative boréale canadienne réunit divers partenaires dans le but de créer de nouvelles solutions pour la conservation et le développement durable de la forêt boréale. Elle agit à titre de catalyseur en appuyant divers efforts sur le terrain, dans l’ensemble de la région boréale, déployés par les gouvernements, l’industrie, les nations autochtones, des organismes de conservation, de grands détaillants, des institutions financières et des scientifiques.